Grève chez French bee : des avions espagnols en renfort pour maintenir les vols, un mouvement qui menace de durer

La grève des hôtesses et stewards de French bee, entamée le jeudi 27 août, a été reconduite jusqu’au dimanche 6 septembre, mais la compagnie maintient à ce stade l’ensemble de son programme de vols, en affrétant notamment des avions de la compagnie espagnole Wamos. Une seule annulation avait été signalée fin août — l’Orly–Los Angeles du vendredi 28, selon TourMaG — et, au matin du mercredi 2 septembre, aucune négociation n’a été engagée entre la direction et les syndicats depuis le début du mouvement, selon le SNPNC-FO et la CGT.

Mise à jour du mercredi 2 septembre 2026 : le préavis, qui expirait le 31 août à 23 h 59, a bien été reconduit jusqu’au dimanche 6 septembre, ont annoncé le SNPNC-FO et la CGT — une prolongation confirmée par Le Figaro dès le 29 août. Selon l’AFP, citée par Outre-mer la 1ère le 1er septembre, French bee continue de « maintenir l’ensemble de son programme de vols » grâce aux affrètements Wamos Air — des locations que les syndicats chiffrent à « des millions d’euros sur une semaine ».

En bref

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  • Préavis de grève des PNC (personnel navigant commercial) déposé par le SNPNC-FO et la CGT à partir du jeudi 27 août, reconduit jusqu’au dimanche 6 septembre faute de réponse de la direction.
  • Programme de vols maintenu selon la compagnie, grâce notamment à des avions affrétés auprès de l’espagnole Wamos.
  • Mobilisation forte : 100 % des PNC basés à La Réunion en grève selon la presse spécialisée.
  • En cas de vol annulé ou très retardé, une grève du personnel de la compagnie ouvre droit à une indemnité jusqu’à 600 € (jurisprudence européenne de 2021), en plus du remboursement ou du réacheminement.

D’un préavis de cinq jours à onze jours de grève, un programme « maintenu » — avec des avions de location #

Le préavis initial couvrait cinq journées pleines, du jeudi 27 au lundi 31 août inclus, en pleine fin des vacances scolaires ; il a depuis été reconduit jusqu’au dimanche 6 septembre, portant le mouvement à onze journées consécutives. Dès le 26 août, French bee affirmait dans un communiqué relayé par TourMaG « maintenir l’ensemble de son programme de vols », se disant « pleinement mobilisée » pour assurer la continuité des opérations et « ouverte au dialogue » avec les représentants du personnel.

Pour tenir cette promesse, la compagnie ne compte pas que sur ses propres équipages : elle a affrété des avions de la compagnie espagnole Wamos, notamment sur la ligne de New York, un recours confirmé par TourMaG et rapporté également par Le Figaro. Ce « wet-lease » (location d’un avion avec son équipage) est le levier classique des compagnies pour absorber une grève, mais il a un coût — et les syndicats ne se privent pas de le souligner.

Le dispositif n’est pas totalement sans couture : toujours selon TourMaG, le vol BF730 Orly–Los Angeles de vendredi 28 août a été annulé, ses passagers étant réacheminés sur d’autres vols, tandis que la ligne de Miami était assurée.

Une mobilisation massive, surtout à La Réunion #

Derrière le programme préservé, la participation au mouvement est élevée. L’Écho Touristique rapporte que 100 % des PNC basés à La Réunion font grève ; à Orly, le syndicat cité par TourMaG évoque environ 90 % des chefs de cabine mobilisés. La base réunionnaise est stratégique : French bee y opère 13 vols par semaine vers Paris-Orly pendant l’hiver austral, soit 17 % de plus qu’un an auparavant, selon Air Journal.

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Sur le fond, les revendications tiennent en trois points : la stabilité des plannings — des navigants décrivent auprès de TourMaG jusqu’à une dizaine de modifications de programme en une seule journée —, la fatigue liée aux rotations long-courriers, au travail de nuit et aux décalages horaires, et la rémunération : les syndicats réclament notamment une hausse de 10 % des salaires des PNC, selon Imaz Press.

« Les PNC ne peuvent pas être considérés comme disponibles en permanence. »
— SNPNC-FO et CGT, cités par Air Journal

Ce conflit n’est pas isolé : c’est le deuxième mouvement social de l’année chez la compagnie, après un préavis des pilotes (SNPL) du 13 au 18 mai, déposé à la suite de l’échec des négociations annuelles obligatoires. Pour une compagnie qui a bâti son modèle low-cost long-courrier sur une flotte homogène d’Airbus A350 desservant La Réunion, Tahiti, New York-Newark, San Francisco, Los Angeles, Miami et, depuis avril, Montréal, la question sociale devient un dossier récurrent. Ce positionnement tarifaire agressif reste l’un des meilleurs moyens de partir loin sans exploser son budget — à condition que les avions décollent.

Votre vol est prévu d’ici dimanche 6 septembre : que faire concrètement ? #

Premier réflexe : vérifier le statut de votre vol sur le site ou l’application de French bee la veille et le jour du départ, et surveiller vos e-mails et SMS (c’est par ces canaux que la compagnie prévient en cas de modification). Sauf annulation notifiée, présentez-vous à l’aéroport aux horaires habituels : le programme est annoncé maintenu. Si votre avion est opéré par un appareil Wamos affrété, votre billet reste valable tel quel — seul l’avion change.

SituationCe à quoi vous avez droit
Vol maintenu (éventuellement sur avion affrété)Aucune démarche : le billet reste valable, mêmes horaires sauf notification.
Vol annuléAu choix : remboursement intégral ou réacheminement, plus une indemnité de 250 à 600 € selon la distance (600 € au-delà de 3 500 km, soit la quasi-totalité du réseau French bee).
Retard de 3 h ou plus à l’arrivéeIndemnité identique à celle d’une annulation, plus la prise en charge (repas, hébergement si nécessaire).
Vous renoncez au voyage alors que le vol est maintenuPas de droit automatique : ce sont les conditions tarifaires de votre billet qui s’appliquent.

Point essentiel que beaucoup de passagers ignorent : une grève du personnel de la compagnie elle-même n’est pas une « circonstance extraordinaire » au sens du règlement européen 261/2004. La Cour de justice de l’Union européenne l’a tranché dans son arrêt du 23 mars 2021 (affaire Airhelp contre SAS) : la compagnie ne peut pas s’exonérer de l’indemnité forfaitaire en invoquant la grève de ses propres salariés. Concrètement, un vol French bee annulé pendant ce mouvement, notifié moins de 14 jours avant le départ, ouvre droit à l’indemnité — en plus du remboursement ou du réacheminement, jamais à leur place.

Le contexte du transport aérien de cette fin d’été est chargé : la grève des PNC d’easyJet court, elle, jusqu’au 2 septembre, et nous avons détaillé début août la marche à suivre quand un aéroport entier est touché.

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Et après le 31 août ? La reconduction est actée jusqu’au 6 septembre #

La menace a été mise à exécution : faute de réponse de la direction, le préavis a été reconduit jusqu’au dimanche 6 septembre, comme l’avaient annoncé le SNPNC-FO et la CGT dès le 29 août. Et le blocage est complet : « malgré une mobilisation qui ne cesse de progresser, aucune négociation n’a été engagée par la direction depuis le début du mouvement », déplorent les deux syndicats dans un communiqué relayé par l’AFP le 1er septembre. « La politique de cet employeur est de ne jamais rien lâcher », regrette Arnaud Neyt, responsable SNPNC-FO, qui juge « ubuesque » de dépenser « des millions d’euros sur une semaine » en affrètements plutôt que de satisfaire des revendications chiffrées, selon lui, à quelques millions. La prochaine échéance est le dimanche 6 septembre au soir : si vous avez un vol French bee prévu la semaine du 7 septembre, gardez un œil sur l’évolution du dossier — un préavis reconduit une fois peut l’être à nouveau.

Questions fréquentes

Mon vol French bee est-il annulé pendant la grève ?

À ce stade, la compagnie maintient l’ensemble de son programme, en partie grâce à des avions affrétés chez Wamos. Une seule annulation a été signalée par la presse spécialisée (Orly–Los Angeles du vendredi 28 août). Vérifiez le statut de votre vol sur le site ou l’application de French bee avant de partir pour l’aéroport.

La grève peut-elle continuer en septembre ?

C’est déjà le cas : le préavis initial, qui expirait le lundi 31 août à 23 h 59, a été reconduit jusqu’au dimanche 6 septembre par les syndicats SNPNC-FO et CGT, faute de réponse de la direction. Aucune négociation n’a été engagée depuis le début du mouvement, et une nouvelle reconduction après le 6 septembre n’est pas exclue : surveillez l’actualité si vous voyagez à partir du 7 septembre.

Ai-je droit à une indemnisation si mon vol est annulé à cause de la grève ?

Oui, dans la plupart des cas. Depuis un arrêt de la Cour de justice de l’UE du 23 mars 2021, la grève du personnel de la compagnie n’est pas une « circonstance extraordinaire » : si votre vol est annulé et que vous avez été prévenu moins de 14 jours avant le départ, vous pouvez réclamer de 250 à 600 € selon la distance, en plus du remboursement ou du réacheminement.

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À retenir

Grève des PNC French bee reconduite jusqu’au dimanche 6 septembre au soir : les vols sont maintenus, parfois sur des avions espagnols affrétés, avec une seule annulation signalée fin août (Orly–Los Angeles du vendredi 28). Vérifiez le statut de votre vol avant chaque départ, et en cas d’annulation ou de retard de plus de 3 heures, réclamez l’indemnité européenne (jusqu’à 600 € sur le long-courrier) — la grève interne ne dispense pas la compagnie de payer. Aucune négociation engagée à ce jour : nouvelle échéance dimanche 6 septembre au soir.

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